cigogne blanche orientale
04.01.2021 Oiseaux

Réhabiliter les rizières pour aider à la réintroduction de la cigogne blanche orientale au Japon

Prendre en compte l’adéquation de l’environnement est la clé pour réussir la réintroduction d’une espèce dans un habitat d’où elle a disparu. La réintroduction de la cigogne blanche orientale commence à être effectuée, cette espèce s’étant éteinte au Japon il y a cinquante ans. Les zones humides qui sont leurs habitats naturels y sont en déclin, mais cela pourrait être compensé par les rizières..

 

Photo : une cigogne blanche orientale avec un émetteur Argos GPS Microwave (photo Fukui Prefecture)

 

La cigogne blanche orientale (Ciconia boyciana) est un grand oiseau, au sommet de la chaîne alimentaire des écosystèmes des zones humides, et dépend donc de ceux-ci. Elle avait disparu du Japon en 1971, notamment en raison du déclin des zones humides, et y a été réintroduite à partir de 2005. Toutefois, pour réussir à réintroduire une espèce, il faut s’assurer qu’elle est relâchée dans un ou plusieurs endroits qui lui conviennent. À long terme, il faut que l’environnement puisse accueillir un certain nombre d’individus, quitte à préserver certaines zones pour cela, si nécessaire (voir également Les activités saisonnières des gazelles Dorcas enregistrés par Argos Rendre des gazelles de Mhorr à la vie sauvage sur la réintroduction d’une espèce).

 

Une base de données des lieux où se trouvent les cigognes blanches orientales pour modéliser leur population

Localisation des quatre cigognes blanches orientales marquées pendant les deux années de leur surveillance
Localisation des quatre cigognes blanches orientales marquées pendant les deux années de leur surveillance (crédits Keio University, d’après [Yamada et al., 2019])

Pour l’évaluer, quatre cigognes blanches orientales juvéniles (deux mâles, deux femelles) ont été équipées de balises GPS à énergie solaire utilisant Argos pour la collecte de données par la préfecture de Fukui. Leur localisation a été enregistrée pendant deux ans dans le centre du Japon. Les données sur l’occupation des sols et la végétation dans la même zone ont été récupérées à partir de relevés. Six variables environnementales importantes pour les cigognes ont ainsi été définies à partir d’études antérieures. Ces variables prennent en compte le fait que les cigognes blanches orientales ont commencé à investir les rizières (en remplacement des zones humides naturelles) et aiment généralement toutes les zones humides, mais ont tendance à préférer rester à leurs limites avec la forêt à proximité, et une biodiversité importante autour. D’un autre côté, elles sont connues pour éviter les zones urbanisées et l’intérieur des forêts. Ces données ont permis de concevoir un modèle prédictif.

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Réhabiliter l’environnement pour la réintroduction de la cigogne blanche orientale

modèle basé sur l’occupation actuelle des sols
Le modèle basé sur l’occupation actuelle des sols. L’habitat approprié pour les cigognes blanches orientales est en vert, ce qui représente 11 % de la superficie (crédits Université de Keio, d’après [Yamada et al., 2019])

Sur la base d’un relevé récent de l’occupation des sols, 11 % de la superficie totale de la région étudiée a été considérée comme un habitat approprié (14,3 % sur les données 1983-1999). Il semble que l’étendue des zones humides naturelles dans la zone d’étude soit trop faible pour supporter la population de cigognes réintroduite. De plus, même si les cigognes se tournent vers les rizières, celles-ci se réduisent également au Japon. Plusieurs programmes ont été mis en place pour restaurer les zones humides naturelles, mais la restauration du paysage dominé par les rizières doit également être envisagée, comme alternative à la première et comme clé de la réussite du programme de réintroduction.

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Référence

Yamada Y, Itagawa S, Yoshida T, et al. Predicting the distribution of released Oriental White Stork (Ciconia boyciana) in central Japan. Ecol Res. 2019;34:277–285. https://doi.org/10.1111/1440-1703.1063