Caspian seals Argos
02.01.2017 Flash Info

Ecologie et préservation du phoque de la mer caspienne

Par Lilia Dmitrieva, Simon J. Goodman, Département de Biologie, Université de Leeds, Royaume-Uni

Le phoque de la mer Caspienne (Pusa caspica) est un phocidé de petite taille qui se reproduit sur la glace, endémique de la Caspienne, mer enclavée d’Asie centrale. L’espèce est classée « en danger » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ses effectifs ayant décliné d’environ 90 % par rapport à une population de plus d’un million d’individus au début du XXe siècle, et ce principalement à cause d’une chasse non-durable. Elle est aujourd’hui en proie à toutes sortes de menaces, avec notamment une forte mortalité de phoques capturés accidentellement par des pêcheurs ou tués par d’autres facteurs anthropiques, la perte d’habitat et les perturbations causées par le développement industriel et urbain. On savait très peu de choses sur ses schémas de déplacement et de plongée jusqu’à ce qu’un groupe de scientifiques d’Estonie, du Kazakhstan et du Royaume-Uni décide de doter 75 indidivus de balises satellitaires Argos de 2009 à 2012.

Leurs résultats, publiés à l’origine dans un article de la revue Marine Ecology Progress Series, « Variations individuelles des déplacements saisonniers et des stratégies de recherche de nourriture chez un pinnipède de mer enclavée et se reproduisant sur la glace », fournissent de précieuses données pour appuyer les efforts de préservation de l’espèce dans la région, comme le montre cette adaptation de leur article.

Principales découvertes

A Caspian seal about to be released after tagging with a Wildlife Computers SPOT tag. Credit: Simon Goodman, University of Leeds
A Caspian seal about to be released after tagging with a Wildlife Computers SPOT tag.
Credit: Simon Goodman, University of Leeds

Jusqu’ici, on pensait que les déplacements du phoque de la mer Caspienne constituaient une migration homogène, avec à partir de fin avril une dispersion des phoques depuis les aires de mue septentrionales jusqu’au centre et au sud de la mer Caspienne par les côtes est et ouest à partir de fin avril, suivie d’un retour au nord à partir de septembre (Badamshin, 1969). Nos données confirment les déplacements saisonniers de grande échelle rapportés dans la littérature antérieure, avec un déplacement vers le sud de la latitude médiane des positions des phoques de mai à septembre, qui coïncide avec l’augmentation de la température des eaux de surface (TES) et de la productivité primaire nette (PPN), puis à partir d’octobre un retour vers le nord, au moment où la TES et la PPN diminuent.

Cependant, les données télémétriques d’Argos révèlent un degré important de variation individuelle de la période, de la destination et de la régularité des schémas de déplacement, ce qui indique que les mouvements migratoires sont beaucoup plus hétérogènes qu’on ne le pensait auparavant. Les déplacements hivernaux sont tout aussi hétérogènes.

Contrairement aux hypothèses précédentes, plutôt que de rester sur la banquise pendant toute la saison, les animaux quittent fréquemment la glace pour faire de petits déplacements aller-retour, vraisemblablement pour se nourrir, certains allant même jusqu’à Kendirli au sud.

Le plus long déplacement enregistré sur la période de 11 mois et demi faisait plus de 14 000 km. Les plongées les plus profondes dépassaient les 200m et duraient plus de 20 minutes.

Lire l’adaptation de l’article dans ArgosForum #83.

Lire l’article dans Marine Ecology Progress (article en anglais).

Lire plus sur les phoques de la Mer caspienne on the IUCN Red List.

Régardez le vidéo:

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