An Oriental Pratincole with an Argos PTT antenna (Credit: Subbu Subramanya  )
14.08.2019 Oiseaux

La glaréole orientale : petit oiseau, longues migrations

La Glaréole orientale est l’oiseau limicole que l’on trouve en plus grand nombre en Australie. Il y passe jusqu’à trois mois de l’année, et migre vers diverses régions d’Asie pour se reproduire. Jusqu’à présent, le marquage traditionnel à l’aide de bagues en métal ou colorées n’avait pas permis d’avoir une idée précise de leurs destinations et de leurs voies de migration. Avec la balise 2g de télémétrie par satellite Argos, leur migration est suivie jour après jour par l’Australasian Wader Studies Group, fournissant des résultats qui surprennent même les experts.

Close-up on a bird with the 2 g PTT (Credit: Prue Wright)
Gros plan sur un oiseau avec l’émetteur de 2 g (Crédits: Prue Wright)

Petit oiseau, longues distances

La Glaréole orientale (Glareola maldivarum) est classée dans la catégorie des petits échassiers, qui se nourrissent d’insectes, surtout en vol, sur les terres agricoles, les prairies et la toundra de toute son aire de répartition. Les glaréoles orientales se reproduisent en colonies en Asie du Sud-Est, du Vietnam au sud jusqu’en Russie au nord et du Pakistan à l’ouest jusqu’au Japon à l’est, pondant 2-3 œufs sur sol nu dans des espaces ouverts. La plupart passent la saison hors reproduction en Australie. Leur population est maintenant estimée à environ 2,8 millions d’oiseaux, depuis qu’une énorme colonie a été découverte dans le nord-ouest de l’Australie en 2004 (probablement à la suite d’une invasion de sauterelles qui a apparemment attiré la majeure partie de la population mondiale des glaréoles orientales). Elles sont rares au nord ou à l’ouest de l’aire de nidification, mais, étonnamment, cette espèce a pu être observée aussi loin que la Grande-Bretagne à plusieurs reprises.

Un suivi possible grâce à la télémétrie Argos

Par le passé, la glaréole orientale a été baguée dans l’espoir d’avoir un aperçu de ses déplacements. Malgré plus de 620 individus marqués en Australie au fil des ans, il n’y a eu qu’une seule observation d’un oiseau marqué en période de reproduction, à Taïwan. Grâce à la dernière technologie de télémétrie par satellite Argos, suffisamment légère pour être utilisée sur ces oiseaux, on peut maintenant les suivre jusqu’à leur destination.

One of the bird tracked, nicknamed ‘SEP,’ on location in the Bagalkot District of Karnataka, India, on May 13th, 2019. (Photo: Subbu Subramanya)
L’un des oiseaux suivis, surnommé  » SEP « , dans le district de Bagalkot dans le Karnataka, en Inde, le 13 mai 2019. (Photo : Subbu Subramanya)

En février 2019, quatorze oiseaux ont été capturés et cinq d’entre eux ont été équipés d’émetteurs Argos de 2 g.  Différents comportements ont commencé à apparaître très rapidement. Deux oiseaux sont partis vers le nord-est au-dessus de l’arrière-pays australien presque immédiatement après leur remise en liberté. Au cours des trois semaines suivantes, ils ont visité une série de sites différents, allant jusqu’à 1200 km du lieu de capture. Ils sont ensuite partis vers le nord en direction de l’Asie du Sud-Est. Les deux autres glaréoles orientales ont migré directement, en partant vers le nord. Vers la fin du mois d’avril, les oiseaux semblent s’être installés dans leur lieu de reproduction, probablement au Cambodge, à Taiwan et en Inde. Le suivi du cinquième oiseau équipé d’un émetteur s’est arrêté dans les deux semaines suivant sa remise en liberté, pour une cause inconnue.
Non seulement le suivi Argos a permis de les localiser et de calculer que les quatre oiseaux suivis ont parcouru des distances de 3840 à 6350 km (de mi-février 2019 à mi-juin 2019) mais, en Asie, leurs voyages d’exploration et de recherche de nourriture ont également été suivis et analysés. De plus, grâce à la localisation des sites de reproduction présumés, des équipes locales en Inde et à Taiwan ont pu aller observer les oiseaux et recueillir d’autres informations importantes sur leur habitat et leur comportement.

À suivre…

Mi-juin, les deux oiseaux cambodgiens ont peut-être terminé leur reproduction pour la saison, puisqu’ils ont commencé à se déplacer vers le sud, mais il est intéressant de noter qu’ils sont restés à un second emplacement pendant plus de 70 jours. Avec un temps d’incubation et d’élevage des poussins jusqu’à leur envol de 49 à 52 jours, et des trajectoires similaires à celles observées sur de leurs aires de reproduction présumées plus tôt dans le suivi, la question de savoir si on assiste à une seconde tentative de reproduction dans un autre endroit est soulevée.

Migration tracks of four satellite-tagged Oriental Pratincoles as of August 10, 2019. At some point they were all in Cambodia or Vietnam, but two diverged afterwards (creditsAustralasian Wader Studies Group)
Trajectoires de migration de quatre glaréoles orientales suivies par satellite jusqu’au 10 août 2019. À un moment donné, elles étaient toutes au Cambodge ou au Vietnam, mais deux ont divergé par la suite. (Crédits Australasian Wader Studies Group)
One of the Oriental Pratincole, breeding location using the floodplains of the Tonle Sap Lake Biosphere Reserve, Cambodia as of 11th May, 2019. (credit Australasian Wader Studies Group)
L’une des glaréole orientales, sur son site de reproduction dans les plaines d’inondation de la Réserve de biosphère du lac Tonlé Sap, Cambodge, jusqu’au 11 mai 2019 (crédit Australasian Wader Studies Group)

Photo: Glaréole orientale avec l’antenne de son émetteur Argos (Crédits : Subbu Subramanya)

Liens

Pour un point régulier sur les suivis en cours des glaréoles (« pratincoles« ), et des détails sur leurs parcours : https://wingthreads.com/blog/ (en anglais)