One of the tagged white shark (Credits OCEARCH)
25.02.2019 Animaux marins

Des requins blancs dans les tourbillons

Les prédateurs supérieurs jouent un rôle clé dans le maintien de la santé des écosystèmes de la haute mer. Il est fondamental de comprendre comment ils sont liés à leur environnement afin de surveiller leurs populations et l’état de l’environnement marin. Les requins blancs, entre autres, ont été suivis à l’aide de la télémétrie par satellite Argos, et leur trajectoire comparée aux tourbillons et méandres océaniques pour étudier où ils peuvent se nourrir dans des zones moins riches de l’océan.

Les trajets des requins comparés aux tourbillons

Les requins blancs (Carcharodon carcharias) sont parmi les principaux prédateurs de l’océan (Dans le film « les dents de la mer » le requin est censé être un requin blanc – mais un vraiment gigantesque). Un tel prédateur est souvent repéré en haute mer. Là-bas, le phytoplancton, considéré comme la base de la chaîne alimentaire, est plutôt rare et surtout concentré dans les tourbillons ou les méandres. Ces structures, d’une largeur d’environ 50 à 200 km, sont aussi appelées « mésoéchelles » par les océanographes physiques.

Comprendre les plongées et les déplacements

Deux requins blancs ont été équipés d’émetteurs de position Argos de surface, de manière à disposer de localisations précises permettant de les co-localiser avec une précision suffisante à des structures mésoéchelles. L’un d’entre eux avait également une balise archive qui enregistrait le comportement de plongée et permettait de lier différents schémas de plongée à différentes structures. Les deux requins ont été localisés préférentiellement dans les tourbillons et les méandres. En particulier, ils ont passé plus de temps au cœur des tourbillons « anticycloniques » (plus chauds que l’océan environnant) que dans leur version inverse (plus froide). Le requin doublement marqué a également montré un comportement de plongée différent dans les deux types de tourbillons, plongeant plus souvent dans la zone 1000 m – 200 m (connue sous le nom de « mésopélagique » ou « zone crépusculaire ») à l’heure du lever et coucher du soleil dans les tourbillons anticycloniques. Ces schémas pourraient être liés au besoin énergétique plus élevé nécessaire pour réguler la température corporelle dans un environnement plus froid.

Mieux protéger les prédateurs

Ce type de connaissances peut être utilisé pour mieux comprendre le comportement des animaux, mettre la priorité sur les régions de l’océan particulièrement importantes pour leur alimentation pour les y protéger. Cela peut également apporter des information aux modèles de prévision, et également des éléments aux politiques pour concevoir des politiques de pêche durables et des aires marines protégées efficaces.

One of the sharks’ track overlaid on sea surface height anomalies from altimetry satellites (Credits Applied Physics Laboratory, University of Washington) (note that such maps can now be plotted for the last year using the “Met-Ocean” feature on Argos web)
Une des trajectoires de requins superposées aux anomalies de hauteur de mer des satellites altimétriques (Crédits Applied Physics Laboratory, Université de Washington) (notez que ces cartes peuvent maintenant être tracées pour la dernière année en utilisant la fonction « Met-Ocean » sur Argos web)

Photo : Un des requins blancs marqués (crédits OCEARCH)

Référence

  • Peter Gaube, Camrin D. Braun, Gareth L. Lawson, Dennis J. McGillicuddy Jr, Alice Della Penna, Gregory B. Skomal, Chris Fischer & Simon R. Thorrold, 2018: Mesoscale eddies influence the movements of mature female white sharks in the Gulf Stream and Sargasso Sea, https://doi.org/10.1038/s41598-018-25565-8

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