Des élephants de mer en plongée pour la science

éléphant de mer avec une balise Argos (photo C. McMahon, IMOS/U. Sydney)

11.06.2018 Animaux marins Des élephants de mer en plongée pour la science

Les animaux marins vivant en pleine mer, et plus particulièrement dans l’océan Austral, sont parmi ceux dont la connaissance a le plus profité du suivi de la faune sauvage par Argos. Nous avons ainsi découvert beaucoup de choses sur les éléphants de mer du sud – profondeurs de plongée, trajets, etc.–, toutes choses complètement inconnues auparavant et sur leur environnement et la façon dont celui-ci affecte leur comportement. Les suivis se poursuivent, pour une meilleure connaissance de ces animaux, et aussi parce ce qu’ils vivent et plongent en des endroits qu’il faudrait mesurer plus souvent.

Animation du trajets des éléphants de mer équipés par IMOS début 2018 (Crédits Xavier Hoener,  IMOS)
 
Eléphant de mer avec une balise Argos (C. Guinet CNRS/CEBC)

Les éléphants de mer du Sud (Mirounga leonina) vivent autour de l’Antarctique (une autre espèce vit dans le Pacifique Nord), se reproduisant sur les îles comme Kerguelen ou l’île Macquarie. Avant l’avènement des balises Argos et des capteurs intelligents qui mesurent des choses comme la température, la pression, etc., personne n’avait la moindre idée que ces animaux sont détenteurs de records dans différentes disciplines : ils plongent à environ 1500 m (les plongées les plus profondes peuvent être au-delà de 2000 m) tout en retenant leur souffle pendant 30 min (la plus longue apnée connue est de 120 min) ; ils font aussi de longs voyages à l’horizontale – peut-être pas les 20 000 lieues du roman, mais plus de 6000 km en moins de six mois, tout en nageant et plongeant tout du long.

Les éléphants de mer de Kerguelen recherchent leur nourriture dans deux grandes zones d’alimentation : dans les eaux subantarctiques et antarctiques. Les femelles fourragent la plupart du temps loin en pleine mer, tandis que les mâles subadultes et adultes cherchent leur nourriture sur les plateaux Kerguelen et antarctique.

Un éléphant de mer vu par les plus jeunes (grande section de maternelle) dans une présentation de l’espèce réalisée pendant les rencontres annuelles Argonautica.

Leurs voyages et la dispersion de leurs trajectoires (de -10° à 100°E cette année – pour deux individus différents), ainsi que leurs plongées fréquentes et profondes ont donné l’idée aux biologistes marins d’utiliser cette espèce pour collecter des données océanographiques, tout en étudiant leur écologie en mer. Les données de température et de salinité ainsi mesurées sont ajoutées aux bases de données océanographiques physiques, en conjonction avec les flotteurs Argo. Ils complètent donc le réseau Argo, dans des zones où peu d’instruments sont largués, en particulier au sud de 60° S, une région particulièrement importante pour la régulation du climat mondial, et où il n’y a pratiquement pas d’observations hydrographiques.

 

Certains de ces éléphants de mer, suivis soit par l’équipe de Clive McMahon (IMOS, Australie) ou de Christophe Guinet (CEBC, France) ont été intégrés cette année (et les années précédentes) dans le cadre du projet éducatif Argonautica de l’Agence spatiale française (présentation du projet ici, les cartes et trajets en anglais et français).

 

Références

Photo principale: Eléphant de mer avec une balise Argos (photo C. McMahon, IMOS/U. Sydney)